Depuis l'antiquité la Sicilie a toujours été un microcosme et le théâtre où se sont rencontrés et affrontés des peuples de races, réligions et langues différentes qui ont laissé sur l'île des témoignages significatifs de leur passage. D’après les sources historiques, les premiers habitants de la Sicile furent les Sicanes, un peuple d’origine ibérique qui plus tard partagera l’île avec les Sicules, autres envahisseurs de race indo-européenne, et auxquels la Sicile doit son nom, et les Elymes.

Entre les IXè et le VIII siècle av. J.C. les Phéniciens, d'abord, et les Grecs, ensuite, entreprirent la véritable colonisation de la Sicile. Les premiers en établissant des comptoirs commerciaux le long des côtes, tels que Palerme, Solunto, Mothya et Marsala. Les seconds en fondant de véritables colonies de peuplement à Naxos, Syracuse, Catane, Sélinonte et Agrigente. Créées, au début, pour tirer profit des richesses de l’île, ces colonies allaient rapidement devenir de riches et puissantes cités qui entrèrent vite en lutte entre elles et avec leurs mère patrie. C’est à cette époque que les villes grecques de Sicile connurent un grande prospérité économique et c’est également à cette période que l’île se couvrit de splendides édifices civils et religieux dont les temples de Ségeste, Sélinonte et Agrigente sont les témoignages exceptionnels. Après avoir été le théâtre de l'affrontement entre Carthage et Rome au début du IIIème siècle av. J.C. la Sicile passa sous la domination de cette grande puissance. L'intérêt de Rome pour la Sicile fut marginal et elle imposa à l'ile un joug oppressant. Ses gouverneurs cupides pillent ses richesses, et pour plusieurs siècles l’île devient le grenier à blé de l’Empire et connaît un important isolement. Les rares, mais superbes, vestiges qui nous restent de cette époque sont la Villa du Casale de Piazza Armerina, le Théâtre de Taormina et l’Amphithéâtre de Syracuse.
A la chûte de l'Empire romain, la Sicile est occupée d'abord par les Vandales et ensuite par les Goths mais grâce à l'empereur byzantin Justinien elle retrouve un peu plus tard ses racines grecques et redevient, pendant presque trois siècles, le phare de la méditerranée. A partir du IXème siècle ap. J.C. les Arabes conquirent l’île. Cette occupation, qui durera deux siècles et demi, représente incontestablement une des périodes les plus fastes pour la Sicile sur le plan culturel, économique et social. Les Arabes introduisirent de nouvelles méthodes et techniques en agriculture et apportèrent des connaissances extraordinaires dans les domaines de l’astronomie, des lettres et des mathématiques. Palerme en devint la capitale et toute l’île se couvrit d’extraordinaires palais, mosquées, jardins et fontaines. Mais la présence musulmane déplaît beaucoup au monde chrétien occidental. C’est ainsi que le Pape Grégoire VII promet aux Normands, déjà installés en Italie du sud, la souveraineté de l’île s’ils arrivent à la délivrer des infidèles. Ce fut chose faite en l’an 1061. Les Normands gouvernèrent avec justice et tolérance, contribuant ainsi à la fusion des cultures grecque, latine et arabe. Cette époque constitua l’apogée du développement culturel et artistique de la Sicile ainsi qu'en témoignent les nombreux palais et églises de Palerme, les cathédrales de Monreale et de Cefalù, et les imposants châteaux que les rois normands firent construire dans toute l’île. Aux Normands succèderent les Souabes, dont Frédéric II fut le plus illustre représentant. Elu empereur il vécut très peu en Sicile, mais il fut homme politique de grande valeur, favorisa le dévelopement du droit, de la littérature et des sciences, et sa cour accueillit les plus grands érudits, mathématiciens, astronomes et médecins de l'époque. A sa mort la Sicile fut déchiree par des conflits de succession et à la fin la couronne échoua à Charles d'Anjou.
La lourde fiscalité, l'arrogance des nouveaux occupants et les conflits avec la vieille noblesse normande firent éclater en 1282 la revolte des « Vêpres » qui mit fin à la présence française en Sicile. Les siciliens choisirent alors comme roi Pierre III d'Aragon et la domination aragonaise fut l'une des plus dures que l'île ait eu à supporter. Le pouvoir fut tenu par les barons qui devinrent la véritable force dominante. Au cours des siècles successifs, en passant par l’occupation autrichienne et aux Bourbons, l’île traversa une longue période d’intrigues et d’instabilité jusqu’à sa libération en 1861 par Garibaldi et son annexion au royaume d’Italie.
La suite, c’est de l’histoire contemporaine.